Combien de revenus fuient dans un service d'eau rural — et comment le mesurer
« On perd de l’argent, mais on ne sait pas combien. » C’est la phrase qu’on entend le plus souvent. La fuite de revenus dans un service d’eau n’est pas un trou unique : c’est la somme de petites pertes diffuses, chacune invisible dans son fichier. Les mesurer commence par les nommer.
Les quatre sources qu’on peut chiffrer
- Paiements non rapprochés — l’argent encaissé qu’on ne peut relier à aucun abonné ni relevé.
- Doublons — la même transaction enregistrée deux fois : un revenu qui n’existe pas vraiment.
- Écart facturé / encaissé — par site, ce qui a été facturé mais jamais collecté.
- Mauvais site & collectes hors registre — des paiements rattachés au mauvais point d’eau, ou collectés par un agent absent du registre.
Additionnées par site et par agent, ces sources donnent un montant de fuite estimé, en €.
Du montant brut au récupérable
Toute la fuite n’est pas récupérable. On applique donc une hypothèse de recouvrement explicite — par exemple 60 % — pour estimer ce qui peut réalistement être récupéré une fois les anomalies traitées. Le chiffre est utile pour prioriser, à condition de ne jamais le présenter comme un revenu garanti.
La règle d’honnêteté
Le montant récupérable applique une hypothèse, pas une promesse. Un paiement « non rapproché » peut venir d’un fichier manquant autant que d’une fraude. Dalili produit une aide à la décision — où regarder en premier — pas une certification ni un état financier audité. L’humain tranche.
Mesurer la fuite ne la supprime pas. Mais on ne corrige bien que ce qu’on a d’abord su chiffrer.