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Combien de revenus fuient dans un service d'eau rural — et comment le mesurer

22/06/2026

« On perd de l’argent, mais on ne sait pas combien. » C’est la phrase qu’on entend le plus souvent. La fuite de revenus dans un service d’eau n’est pas un trou unique : c’est la somme de petites pertes diffuses, chacune invisible dans son fichier. Les mesurer commence par les nommer.

Les quatre sources qu’on peut chiffrer

  1. Paiements non rapprochés — l’argent encaissé qu’on ne peut relier à aucun abonné ni relevé.
  2. Doublons — la même transaction enregistrée deux fois : un revenu qui n’existe pas vraiment.
  3. Écart facturé / encaissé — par site, ce qui a été facturé mais jamais collecté.
  4. Mauvais site & collectes hors registre — des paiements rattachés au mauvais point d’eau, ou collectés par un agent absent du registre.

Additionnées par site et par agent, ces sources donnent un montant de fuite estimé, en €.

Du montant brut au récupérable

Toute la fuite n’est pas récupérable. On applique donc une hypothèse de recouvrement explicite — par exemple 60 % — pour estimer ce qui peut réalistement être récupéré une fois les anomalies traitées. Le chiffre est utile pour prioriser, à condition de ne jamais le présenter comme un revenu garanti.

La règle d’honnêteté

Le montant récupérable applique une hypothèse, pas une promesse. Un paiement « non rapproché » peut venir d’un fichier manquant autant que d’une fraude. Dalili produit une aide à la décision — où regarder en premier — pas une certification ni un état financier audité. L’humain tranche.

Mesurer la fuite ne la supprime pas. Mais on ne corrige bien que ce qu’on a d’abord su chiffrer.