Réconcilier paiements mobile money et relevés de compteurs
Dans un service d’eau rural, l’argent et l’eau ne sont presque jamais décrits par le même fichier. Les paiements arrivent par mobile money, horodatés à la seconde. Les relevés de compteurs sont notés sur papier, puis ressaisis. Les abonnés vivent dans un tableur, les points d’eau dans un SIG. Chacun est cohérent ; ensemble, ils ne se parlent pas.
Le rapprochement consiste à répondre, pour chaque paiement, à une question simple : à quel abonné, à quel relevé et à quel site correspond-il ? Fait à la main dans Excel, c’est long, et ça laisse passer exactement ce qu’on cherche : les paiements qu’on ne peut rattacher à rien.
Ce qu’un rapprochement automatique révèle
En reliant les fichiers d’un seul mois, on classe chaque transaction :
- Rapprochée — paiement lié à un abonné, un relevé et un site cohérents.
- Non rapprochée / orpheline — aucune correspondance : une fuite potentielle de revenu.
- Doublon — la même transaction comptée deux fois.
- Mauvais site — paiement enregistré sur un point d’eau qui n’est pas celui de l’abonné.
- Relevé manquant — un abonné paie, mais aucun relevé n’est saisi pour la période.
Chacune de ces catégories se chiffre en € (ou en FCFA), par site et par agent. On ne devine plus « il manque de l’argent quelque part » : on montre où, et combien.
Sans transférer vos données
Le rapprochement n’exige pas d’exposer vos abonnés. Noms et numéros peuvent être hachés avant tout traitement, et l’analyse peut tourner entièrement sur votre machine — un mois de fichiers suffit. Vous gardez vos données ; vous récupérez la lecture.
Honnêteté méthodologique : un rapprochement est un diagnostic sur les fichiers fournis, pas un état financier audité. Un montant « non rapproché » peut refléter un fichier manquant autant qu’une véritable fuite — c’est un point de départ pour vérifier, pas un verdict.